Escalade en hiver : incontournables Calanques

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Retour sur 4 jours d’escalade grande voie dans les Calanques avec Sandra et Mathieu. Comme à chaque séjour, les attendus sont nombreux : profiter du massif, grimper en hiver, se dépayser, faire de la grande voie, découvrir de nouveaux itinéraires, progresser vers l’autonomie, se dépasser, rire…
Objectifs atteints, avec en prime, cette furieuse envie d’y retourner demain!

Mistral puissant

Alors que la grisaille est installée sur la majeure partie de l’Hexagone, l’extrême sud est, comme souvent, est épargné, le bleu persiste. Un fort mistral assoie fermement cette situation. Dans cette situation, la tempête interdit d’imaginer se pendre à un relai, et pourtant, dans les faces abritées, les conditions sont idéales. On passe facilement d’un 0° ressenti tempétueux sur le chemin à un 20° en pleine paroi.

Une destination escalade en hiver, toute proche, si belles si proches! : Les Calanques à (re)découvrir

Calanques de l’Oule

Après une première journée dans la brume et les entrées maritimes à la grotte de l’Ermite – on révise les manipulations de grande voie – le mistral se lève. Nous partons pour la Calanque de l’Oule réputée pour sa chaude ambiance par fort mistral et ses voies bien raides et aériennes.

On se pose à l’abri Azéma, le temps d’un café, de préparer les sacs, puis direction les rappels pour rejoindre le pied des Futurs Croulants.
Suite à un nettoyage en 2013 (le compte rendu du rééquipement et le topo), ne restent aujourd’hui dans la voie que des relais bien équipés et quelques points pour protéger les passages les plus difficiles.

Les premières longueurs sont raides mais faciles, la pose de protection est simple (le boyau de L3 est à faire).
Le 6b de L4 n’est pas obligatoire, assez impressionnant, la patine peut gêner en fin de longueur au deuxième crux.
Le 6b de L5 est plus facile mais très impressionnant, bien protéger la traversée plein gaz pour le second (Camalot n°0,4 ou 0,5 sous le toît et/ou n° 2 ou 3 à hauteur de hanche)
L6 demande d’être à l’aise en cheminée, fissure large.

L’ambiance est impressionnante, étonnement raide pour ce niveau de difficulté, un itinéraire sauvage au dessus de la mer dans un coin reculé des Calanques. Idéal par fort mistral l’hiver.

Tête de la Mounine

Le jour suivant, le mistral reste très soutenu et je garde un très bon souvenir de la Mounine et de son rocher sculpté et adhérent.
Au départ du Boulevard de Marseilleveyre, après une montée bien raide dans la tempête, on change totalement de monde au passage du col des Chèvres : lumière, chaleur, relatif abri du vent, vue grand large.

L’accès à la tête de la Mounine est une balade avec un panorama exceptionnel, de la baie de Marseille au littoral des Calanques en passant par les îles du Frioul.

Changement de style aujourd’hui dans la classique et historique voie de l’Ecaille : sur un calcaire blanc ou gris, très compact, la pose de pieds devient ici bien plus exigeante et obligatoire qu’à la falaise l’Oule tout en rondeurs.
L1 est exigeante et assez engagée, on peut démarrer par les deux premiers points de la voisine de droite – Le Fadal – pour atteindre le premier spit caché prêt de l’arbuste. L2 dans le même style (rajouter une protection avant le premier point peut être judicieux!)
Traversée puis une L4 en cheminée. L5, facile, finit tout au bout de la vire, faire relais avec deux points très éloignés sur cette vire.
L6 est d’anthologie : raide, exigeante, sculptée, Sandra et Mathieu ont du sortir la technique et le sang froid. L7 raide sur grosses prises permet de finir en beauté

Une escalade variée dans un superbe mur, encore très abrité du mistral, idéal! Une pensée pour les ouvreurs de 1948 (Livanos mari et femme)

Canaille : face ouest forever

Le vent tombé, on décide de prendre le temps le lendemain, de ne pas marcher et de (re-re)visiter les faces ouest des falaises Soubeyrannes au secteur Ouvreur de Bouse.
Le challenge aujourd’hui pour Sandra et Mathieu est de gérer l’ensemble de la voie Ouvreur de Bouse, des rappels au sommet, une première pour eux.
Réussite avec tout ce qu’il faut de sérieux, d’engagement, de petits cris et de grognements. Bravo!
Pour finir dans la chaleur de la fin d’après-midi, une petite connexion L3 L4 du Bitard à Rudiste et Ouvreur de Bouse, le tout en deux grandes longueurs. Les bras fument, les yeux brillent, c’est majestueux : encore un séjour parfait!

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